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Interviews : VAQUETTE sur le divan de Zone Mondiale
Posté par bob le 27/8/2005 12:47:29 (7678 lectures)

Voici enfin l'interview tant attendue de L'IndispensablE comme il se nomme. Pour la petite histire, j'ai envoyé cette interview peu apres la manif anti G8 d'Evian. J'ai recu une reponse la semaine derniere.
Ok on est pas machines, mais bon c'est vrai que là on a fait fort.

Toujours est il que l'interview est là et on peut dire que le loustik s'est foulé pour repondre.

ENJOY!

Comme tout le monde ne te connaît pas (si si !) on pourrait commencer par une petite présentation ?

Je te recopie mon dossier de presse ? C’est parti : L'IndispensablE Tristan-Edern Vaquette (Dr ès Sciences, Vicomte de Gribeauval, Prince du Bon Goût, dit aussi Mister Trash, le pape du hardly-listening, le punk rouge, ou encore Monsieur Hard-core…), est l’une des figures de la scène underground française. Musicien, auteur, performer, il compte à son actif un roman, trois spectacles, plus de cinquante chansons, deux vidéos, trois CDs, près de 200 chroniques radios, quelques performances et de nombreux textes. Cette production polymorphe se caractérise à la fois par des racines punks, drôles et engagées, et par une exigence et des références formelles très érudites, presque classiques. C’est ce mélange, cette apparente dichotomie qui caractérise le mieux la spécificité de la jeune œuvre de T-E. Vaquette - du "Trash-Intello", pour ceux qui veulent vraiment une étiquette…

Est ce que tu tournes beaucoup ? Combien de concerts par an ?
C’est très variable. J’ai une "gestion" de la scène atypique par rapport à mes collègues (je pense notamment en l’espèce aux "groupes punks"), je ne tourne pas en permanence. D’une part j’alterne des périodes d’écriture et des périodes de scène, et d’autre part j’alterne les "modes d’expression artistique", ce qui fait qu’il m’est arrivé de passer deux ans à être "écrivain" sans monter une seule fois (ou quasiment) sur scène. À l’inverse, j’ai par exemple repris un spectacle en septembre 2003 et l’ai tourné une cinquantaine de fois jusqu’en juin 2004.
Cela dit, tourner est pour moi souvent problématique. D’abord parce que c’est difficile pour tout le monde (nous ne sommes plus dans les années 80 et les "lieux de diffusion alternatifs" ont fondu comme neige au soleil). Ensuite parce que je ne corresponds pas à un "format" (les théâtres me disent que c’est du rock, les salles de rock que c’est du théâtre… en plus, il est quoi, chanteur, comédien ou écrivain ? Faut choisir !) : en France, pays cartésien et surtout terriblement réactionnaire, on adore classer les gens dans des boîtes, et, à l’inverse, on n’aime pas beaucoup ce qui est inclassable. Enfin, parce que, même si mon travail plaît tout de même à une "minorité avertie", il déplaît a contrario à la "majorité non avertie", sans compter qu’il requiert un minimum, pour ne pas dire un maximum, d’attention : jouer dans un "bar à musique" signifie pour moi la plupart du temps gâcher la soirée d’une large partie du public venu pour "boire, faire la fête, danser et pécho un mec ou une meuf" (comme n’importe quel autre jeune con qui sort en boîte de nuit le samedi soir), mais également gâcher pour cause de bruit et de bordel mon travail aux yeux des quelques-uns qui pourraient l’apprécier (sans compter que ce n’est pas en chantant "J’aime pas les alcooliques et les fumeurs de joints" qu’on fait fonctionner la pompe à bière des patrons de bars qui, comme chacun le sait, font des concerts exclusivement par amour de l’art…) Tout ça fait que je suis "condamné" à jouer dans des endroits atypiques, le plus souvent des squats artistiques et autres lieux "inclassables".

La moindre chose que l’on puisse dire c'est que tu fais pas mal participer le public. Comment tu conçois tes spectacles ? (Car c’est plus un spectacle qu'un véritable concert en fait, non ?)

Une question, trois réponses – je sais, Vaquette est IndispensablE.
D’abord, moi, les concerts, ça me fait chier. Je veux dire qu’entendre les mêmes morceaux que sur le disque sauf que le son est pourri, qu’on ne comprend pas les paroles, qu’on reste debout et que c’est cher, je ne vois pas bien l’intérêt (Mais si, Vaquette… tu vois, c’est la vibe… on est tous ensemble… réunis… en communion… – Ah bon ? Comme à l’église ou à un meeting alors ?) Regarde Higelin à l’époque ou les Wampas maintenant (sans parler du Grand Orchestre du Splendid ou des Nonnes Troppo, par exemple), ceux que l’on qualifie à juste titre de "bêtes de scène", est-ce qu’ils font encore un concert ou déjà un spectacle ? Sur scène, je pense qu’on est en droit d’attendre autre chose que des musiciens qui jouent leurs compos comme en répèt’ en regardant leurs pieds et, au mieux, en sautant en l’air parce qu’ils ne savent pas trop quoi faire et veulent donner l’impression de l’énergie rock’n’roll. Sur scène, on est en droit d’attendre un "objet" scénique (!), étonnant, spectaculaire (donc), bref, en plus du son, on peut légitimement exiger d’avoir droit à l’image, enfin, c’est ce que moi j’attends en tant que public et que j’essaye de réaliser en retour lorsque je suis sur scène.
Ensuite, ayant assez rapidement compris qu’il était impossible de tourner (pour cause de poignon et de relations humaines) sur une longue période en groupe, en tout cas pour moi, il m’est apparu comme une évidence que si je faisais un concert rock tout seul, ça allait rapidement se voir que le batteur, le bassiste et le guitariste n’avaient pas pu venir et, qu’en conséquence, il fallait compenser cela par autre chose : à défaut de "musique", j’ai compensé par des conneries, des textes parlés, des accessoires, de l’interactivité, bref, du spectacle.
Enfin, le propre de mon travail, c’est d’être toujours où l’on ne m’attend pas, ou plus exactement, à chaque nouveau projet, de m’étonner, de m’épater même, et, quitte à toujours dire la même chose, d’essayer de ne jamais le dire de la même façon. En ce sens, il est assez difficile de dire "Vaquette, sur scène, c’est ça !" en se basant sur un (seul) spectacle parce que le prochain n’aura peut-être rien à voir avec le précédent (J’adore, comme chacun qui connaît son travail, Franck Zappa pour ça.) Je veux dire que j’ai commencé par des chansons rigolotes et un spectacle ("The Suce-moi-la-bite Tour") plutôt "café-théâtre" (dans l’esprit théâtre de rue trash plus que Lagaf’ tout de même), puis enchaîné par du "théâtre" intello, presque "avant-garde" (bien que rigolo, musical et barré) avant de passer à un roman (là encore, si on veut des boîtes, à la fois rigolo, déjanté et "avant-garde", disons formel, littéraire et non académique). Le prochain coup, je me vois bien revenir sur scène avec un objet plus proche d’un concert (je veux dire où la musique aura plus de place même si j’espère ce sera toujours spectaculaire et personnel) dans un esprit hip-hop et électro – tout un programme…

La chanson fine et délicate "Vive la bière la baston et vive le Pen", sur un air des Skinkorps est une sorte de réponse à ceux qui te traitent de facho, non ?

Oui (D’ailleurs le titre est "Décidément Vaquette est d’extrême gauche", comprenne qui veut, ou qui peut…)
Oui, mais pas seulement. Nous sommes là aussi au centre de mon travail, la délégitimation, la provocation si tu préfères, je veux dire provoquer la réflexion, briser les certitudes ou, en tout cas, inciter à s’interroger sur elles. Mon boulot, ça ne consiste pas à gueuler "La jeunesse encule le Front National" devant une centaine de punks déjà convaincus, ça ne sert pas à grand-chose si ce n’est à conforter les gens dans leurs certitudes (même si ces certitudes sont légitimes) au lieu de les encourager à se remettre en cause et, au pire, à les conduire à taper en sortant à douze contre un sur un neusk’ égaré : les fafs font ça très bien tout seul (ne pas se remettre en cause, croupir dans leurs certitudes et attaquer à douze contre un un rebeu égaré). Je préfère semer le doute dans la tête de mon public, non pas bien sûr pour qu’ils sortent de l’un de mes spectacles convertis au fascisme, mais bien au contraire pour leur ouvrir l’esprit (et Dieu, ou le diable, sait que la bêtise est la mère de tous les fascismes, de tous les autoritarismes, et lutter contre elle est un bon début – quand je te disais que Vaquette est d’extrême gauche…) et les inciter à s’interroger sur la portée subversive d’être anti-lepéniste aujourd’hui, je veux dire cette simple vérité qui ne devrait pas être polémique : être anti-pétainiste en 1940 (et donc ultra minoritaire et opposé au pouvoir en prenant des risques réels), ce n’est pas du tout la même chose qu’être anti-lepéniste en 2002 et donc ultra majoritaire et, sans risques aucun, pour le pouvoir en place (en votant Chirac…)

Pourtant quand du dis "Je préfère Evil Skin à Solaar, désolé", même si musicalement je suis d’accord, tu penses pas que la provoc peut être mal comprise ? Et qu’à terme ça se retourne contre toi ?

Oui, deux fois oui, mais disons que ce sont "les risques du métier". Je ne veux pas dire pour autant que je donne un blanc-seing au gros con qui me tape dessus parce qu’il ne comprend rien à ce que j’écris (d’ailleurs souvent parce qu’il ne cherche même pas à comprendre englué qu’il est dans sa bêtise et ses certitudes – voir la réponse à la question précédente), bien au contraire : qu’il assume absolument et tout seul ses actes de gros con qui ne comprend rien à ce que j’écris ! Je veux dire simplement que le monde étant ce qu’il est, je suis conscient qu’ils (ces gros cons qui me tapent dessus parce qu’il ne comprennent rien à ce que j’écris) existent malheureusement, et ce quelques soient les camps auxquels ils prétendent appartenir (malheureusement également "le notre", disons punk et libertaire). De là à taire ma gueule par peur des coups, ils ont essayé plein de fois et toujours avec fort peu de réussite. À l’école, lorsque j’étais très petit, j’avais une maîtresse qui me mettait du scotch sur la bouche pour me faire taire (authentique !) : même ça, ça ne marchait pas.

Dans ton spectacle "Un siècle (et demi) de chanson française hard-core" (sans s), tu revisites tour à tour Ferré, les Wampas, Ludwig von 88, Costes, Brassens, Evil Skin, Bérurier Noir, Joey Starr, les Cadavres etc… D'où t’est venue l'idée ?

D’une évidence. C’est inexplicable (même pour moi, c’est tout dire…). Cette culture là, disons la "chanson à texte" même si je ne l’entends pas du tout dans le même sens que Sevran, Foulquier, Télérama ou les gens qui parlent de rock lorsqu’il s’agit des Bérus ou des Wampas (Désolé, mais moi je n’écoute pas les Bérus pour la musique mais pour les textes, je ne suis d’ailleurs pas bien sûr que s’ils chantaient "Je t’aime mon amour" en allemand, il y ait grand monde qui trouverait ça si merveilleux), elle m’a construit, c’est elle qui m’a accompagné toute ma jeunesse et qui a grandement contribué à me former, depuis Trenet à cinq ans jusqu’aux "alternatifs" à 20 en passant par Perret, Brel ou le Renaud du début à 10, ou encore Svinkels ou Stupeflip aujourd’hui. Je délire tout le long de ce spectacle sur le mot "fidélité" ("tant votre inconstance à tous, en toutes choses, m’est tout à fait étrangère…"), mais, par delà la vanne récurrente, c’est réellement un spectacle sur la fidélité, c’est, si tu rêves d’une explication psychanalytique, un hommage aux pères – évite le jeu de mots facile, veux-tu ?

Ça te gêne pas de faire cohabiter Skinkorps, Evil Skin et les Chauves pourris avec NTM et les Bérus ??

Au contraire ! Ça rejoint ce que je te disais plus haut. Mon boulot, c’est de bousculer les certitudes : NTM et les Bérus, c’est bien, la Oï, c’est mal ! On croirait un prêche de curé ! La morale a toujours fait très mauvais ménage avec "l’art", moi, seul le deuxième m’intéresse (du moins dans mon travail). De ce point de vue, Evil Skin a sa place aux côtés des Bérus, en tout cas nettement plus que Les Sales Majestés…

On peut d’ailleurs constater que tu possèdes un certaine "culture neusk". Alors Vaquette, ancien neuski ? (Question facile mais bien amenée.)

Non. Tu en es d’ailleurs manifestement la preuve au vu de tes questions, il y a énormément de "punks" qui ont une culture Oï. Je pourrais d’ailleurs faire ici un cours un rien "old school" sur le fait qu’originellement la fracture skin faf/punk anti-faf n’existait pas et, qu’à l’époque, avant la récupération par l’extrême droite du mouvement Oï, il y avait une plus grande proximité d’esprit entre un neusk et un punk qu’entre eux et un gentil petit bourge militant aux Jeunesses Socialistes (ou Giscardiennes).
Cette précision historique apportée, si tu veux la genèse de ma culture neusk, pour faire court, j’ai découvert la Oï à l’époque par un pote du Scalp et, ensemble, on n’arrêtait pas de faire chier un autre type du Scalp horriblement premier degré en lui chantant toute la journée du Evil Skin ou du Skinkorps, et lui (Putain, quand j’y repense, qu’est-ce qu’il était bourrin – ça rejoint ce que je te disais plus haut sur les cons qui ne comprennent pas ma provo), il nous faisait la leçon comme un curé (nous y revenons) sur le mode "Vous vous rendez compte de ce que vous chantez ! C’est très mal…"

Reprendre Costes et juste après NTM, y a pas comme un clin d'œil ?

Bien sûr ! (Bravo de nouveau pour ta culture ami-camarade Bob – tu feras une note pour parler à tes merveilleux lecteurs de l’excellent "NTMFN".) C’est d’autant plus un clin d’œil, que Costes suit "Préface" de Ferré (un manifeste pour une poésie agressive, ambitieuse et non consensuelle) et que la reprise que je fais de NTM est, disons… personnelle : "Négro, tu tchatches trop… Tu te dis underground ? Casse-toi avec ton pit-bull et ta bande, j’suis pas d’ton monde, j’veux pas qu’on nous confonde…"

D’ailleurs tu le connais bien ? Est-ce une inspiration ? Et Gogol ?

Je n’ai pas la prétention de connaître "bien" Costes, mais oui, on se connaît. Une inspiration, non, mais une jauge, oui. Il a été tellement plus loin que tous les autres sur le fond et sur la forme, et sur le mix des deux bien sûr, que je me dis que, si lui l’a fait, pourquoi pas moi et ça me redonne encore plus de courage et d’exigence pour poursuivre mon chemin. Et puis aussi (mais c’est la même chose a contrario), je vais t’avouer ça, quand de désagréable le sentiment d’être un raté devient insupportable, je me dis que le fait qu’un type qui a autant de talent, qui a autant révolutionné "son art" que lui, puisse être aussi méconnu et autant méprisé, ça me rassure et, là encore, ça m’aide à continuer malgré, nous y revenons, "les gros cons qui me tapent dessus parce qu’il ne comprennent rien à ce que j’écris".
Gogol ? No comment.

Le punk ça signifie quoi pour toi : la provoc' ? la rébellion ? MTV ?

MTV bien sûr – non, je déconne.
Pour moi, c’est Johnny Rotten qui chante droit dans la gueule des flics venus l’arrêter au milieu d’un concert : "Problem ! The problem is you !" ou qui signe le contrat des Sex Pistols sur la Rolls de Branson avant de foutre le souk dans les bureaux de Virgin. De toute façon, il l’a dit lui-même : "Le punk, ça n’existe pas, il n’y a que des clones de Johnny Rotten." – Provoc ? Rébellion ?

Tu as sorti un 2 titres très sobrement dénommé "War in the Gulf : The Song". Les Américains nous ont bien montré qu'ils peuvent faire ce qu’ils veulent où ils veulent. Ça t'inspire quoi ?

Que les Américains peuvent décider que je sorte un CD 2 titres où ils veulent quand ils veulent. Je n’ai pas compris la question ?

Dans cette chanson, on peut y entendre ceci : "Drolatique ce couplet ! C’est que la chanson a été écrite en 1991 !" Alors rien n’a changé en 12 ans ? Tu penses que les Américains doivent se retirer immédiatement ? (Je veux dire qu'a priori on va avoir droit à un gouvernement bien islamiste quand même.)

C’était drôle (pour peut qu’on prise l’humour très noir) de réécouter ma chanson 12 ans après parce que, effectivement, elle n’avait pas vieilli du tout, jusqu’à Bush fils qui a remplacé Bush père et jusqu’au même chantage (qui prend d’un coup une portée comique, ou tragique, là encore ça dépend de l’humour qu’on aime bien) vis-à-vis de la situation en Palestine : la guerre contre l’Irak va permettre de résoudre rapidement le conflit israélo-arabe… (De toute façon, le jour où Bush fils a déclaré "Nous oeuvrons pour un monde de paix", il a failli me faire arrêter ma carrière de comique troupier tant il est inégalable.)
Après, qu’ils se retirent ou pas, maintenant ils feront une "connerie". Ils ont ouvert une boîte de Pandore et je ne vois pas, si ce n’est le temps, ce qui va pouvoir la refermer. C’est un classique du militarisme, quel que soit son camp, de te mettre devant le fait accompli et de te dire : Alors, maintenant, si on recule, tu vois ce qui va se passer ? Tu n’as plus le choix !

On peut lire également : "Hardi hardi petit marin / les ratonnades bon pied bon œil / Hardi hardi petit marin / ça va te rappeler Argenteuil." J’habite pas loin donc j’aimerais savoir à quoi tu fais référence ?

Un "pote" lepéniste qui habitait Argenteuil… (En vrai.)

Alors comme ça on n'aime pas le noir ? Pourtant ton site et tes pochettes sont rouges et noires (Habile remarque n’est il pas ?) Tu as une véritable aversion pour l’anarchie ou bien est-ce contre certains de ses militants ?

Ami-camarade Bob, si tu ajoutes de la provo dans tes questions concernant ma propre provo, je crains que cette mise en abîme ne soit guère compréhensible pour ton lectorat (Tu t’adresses à des punks, n’oublie pas), et, en tout cas, ne clarifie guère les choses auprès "des gros cons qui me tapent dessus parce qu’il ne comprennent rien à ce que j’écris" (Pense à eux veux-tu, leur vie est déjà suffisamment indigente comme cela pour que tu ne les plonges pas de surcroît dans un abîme de circonspection.)
Je vais donc, pour ma part, essayer d’être simple, terriblement didactique même. Ma chanson "Manifeste" est une chanson sur quelque chose qui m’habite profondément, l’esprit de contradiction. Cette esprit de contradiction, de désobéissance, d’insurrection, irrespectueux, insolent (Je me suis fait péter la gueule une fois par un type du FN parce qu’il n’aimait pas "mon petit air insolent", j’aurais probablement dû baisser les yeux lorsqu’il me parlait au lieu de me foutre de sa gueule), impertinent (mais moi je pense qu’il est au contraire fort pertinent), irrévérencieux – tiens, le dictionnaire des synonymes me donne "autonome", drolatique, non ? – bref, ce "mauvais esprit" (que je trouve bien sûr être le bon) m’a toujours habité, depuis tout petit et bien avant toute "engagement", tout positionnement politique, simplement parce que j’étais comme ça, ce qu’à l’armée on appelle une forte tête, un type qui n’obéit pas aux ordres, d’où qu’ils viennent.
Cela m’a valu (et continue de me valoir) pas mal de déboires avec "l’autorité", quelle qu’elle soit. Ça a commencé à l’école où je me suis fait virer pour raisons disciplinaires d’à peu près partout (pour finir normalien tout de même – car oui, Vaquette est normalien, je sais, ça impressionne même chez les punks) et ça continue aujourd’hui avec, par exemple, mon éditrice qui ne veut plus entendre parler de moi, Beigbeder qui m’a "refusé" (Oui, le mot "censuré" n’existe pas dans le monde merveilleux de l’édition…) dans sa revue Bordel ou le politburo du Parti anarchiste qui casse mes disques à Radio Libertaire pour éviter ma diffusion à l’antenne (C’est vrai que dans "libertaire", il y a "taire" : nous ne devons pas avoir le même sens de l’étymologie, enfin, de l’entomologie plutôt puisqu’on parle de cafards.)
Or il se trouve que pour moi, cet esprit de contradiction, de désobéissance, d’insolence… il est justement l’essence du punk (Nous revenons à ta question "Qu’est-ce que le punk ?" et ma réponse concernant Johnny Rotten qui "fout la merde" partout où il passe) et également, mais c’est la même chose, de l’esprit libertaire. Ma chanson (tout comme d’ailleurs mon roman "Je gagne toujours à la fin" qui est, lui aussi, un manifeste libertaire) parle exclusivement de ça, et, lorsque je dis "J’voudrais crever, pour tout linceul un drapeau noir : j’le r’peindrais en bleu blanc rouge, j’aime pas l’noir", évidemment, à moins d’être parfaitement triso et de manquer complètement d’humour, il faut comprendre : j’ai un tel esprit de contradiction que, même à mon dernier instant, celui durant lequel Sade une ultime fois blasphème et Lacenaire s’écrie "Ceci est mon plus beau jour", je crache jusqu’au symbole même de cet esprit de contradiction (le drapeau noir, donc).
Je suis désolé pour tous ceux qui connaissent mon travail et qui l’ont compris d’évidence, je le répète, d’être aussi terriblement didactique, mais je voulais une bonne fois pour toute clarifier les choses auprès des imbéciles nombreux qui se prétendent anarchistes et qui me traitent de "facho" sous prétexte que je ne reconnais pas Bakounine pour Dieu et le Parti (Oups ! la Fédération, pardon) anarchiste pour maître, mais que je préfère faire preuve d’irrévérence, d’irrespect, d’insolence… d’esprit libertaire donc, en débarquant sur la radio du même nom pour foutre le dawa et gueuler "Vive Le Pen" ou "À bas l’Anarchie" – "Si y’a une connerie à dire ou à faire, juste fais-la", ce bon conseil des Svinkels me semble une définition largement aussi recevable de l’anarchie que le fait de s’agenouiller servilement devant Saint Ferré ou Saint Rotten comme ils s’agenouilleront dans cinquante ans devant le très Saint Vaquette…

Tu vis te ta musique ?

Je ne sais pas quoi te répondre. Je ne fais que ça, je n’ai pas de "vrai métier" à côté si c’est ta question. De là strictement à vivre de mon "boulot"… Si tu préfères, je suis, au choix, escroc ou mendiant : je vis essentiellement des Assedic spectacle. Là-dessus, mon métier ne me coûte plus d'argent depuis un moment. L'an dernier, la scène m'a même rapporté pas mal (Je dis ça, et je le pense, mais si je compare à l'argent de n'importe qui de mon âge qui n'est pas trop triso, sans même parler d'être normalien…, je suis évidemment ridicule et ça me rend souvent amer) et cet argent, Dieu sait qu'il est valorisant de le gagner, surtout avec mon principe d'autoproduction et de libre responsabilisation : je ne rêverais d'ailleurs que de vivre décemment de cela.

J’ai remarqué que tu n'étais pas à la Sacem (chose louable en soit) ? C’est dans quelle optique ?

Mal joué Callaghan, je suis à la Sacem. Et ça ne m’empêche pas, contrairement à ce que j’entends ça et là (n’est-ce pas Bob ?), de diffuser mes morceaux intégralement et gratuitement sur mon site (Qu’ils viennent me faire la moindre remarque, ce sont mes morceaux et mon site, je fais ce que je veux tout de même !), de graver mes CD et de les vendre (Mieux ! ça me permet d’être exonéré de la redevance Sacem, c’est-à-dire de ne pas donner d’argent à Goldman ou Cabrel sur les CDs vierges achetés en France qui me servent à graver mes chansons ! – ça rend jaloux, n’est-ce pas ? mais, plus sérieusement, c’est la moindre des choses, là encore ce sont mes morceaux et mes CDs !), de passer dans des salles alternatives sans qu’elles aient à débourser quoi que ce soit (Il suffit de ne pas faire de déclaration) mais également de toucher bon an mal an quelques centaines d’euros qui mettent du beurre dans les épinards lorsque je joue pour (ou suis produit par – Compil’ par exemple) des structures qui ont les moyens de payer la Sacem (et qui de toute façon vont la payer, alors, pourquoi laisser cette argent se perdre ou en faire cadeau à Goldman ou Cabrel ?).
Cela dit, la "ligne politique" de la Sacem, je te l’accorde, est souvent à vomir, ou, pour être moins polémique, est objectivement au bénéfice des gros "toucheurs" (qui pour l’immense majorité font de la sale variét’) et des éditeurs qui ne valent pas mieux, si ce n’est pire, que les maisons de disques, et se moquent copieusement de notre réalité de "l’alternatif", de l’autoproduction, de "l’underground" (J’imagine que pour eux, puisque je ne passe ni sur TF1 ni sur NRJ, je ne suis pas "vraiment" un auteur compositeur digne de ce nom – les mêmes qui, n’en doutons pas, déifient Ferré ou Van Gogh maintenant qu’ils sont morts.) De là à ne pas profiter du système comme expliqué plus haut, je ne vois pas pourquoi je ne toucherais pas ces sommes qui me sont dues.
Car le vrai débat est là. Moi, comme dit au-dessus, il s’agit de mon métier, je ne fais pas des grandes théories sur l’autoproduction en la finançant par un travail salarié à côté – autoprod’, ça ne veut pas dire amateurisme même si c’est souvent compris comme cela (toujours le complexe des français, et des "alternatifs" plus encore, avec l’argent), ça veut dire production autonome, et dans production autonome, il y a production, donc que la recette soit au moins égale aux dépenses, idéalement, le but est d’arriver à vivre de son activité artistique décemment (Je ne parle pas de grosse caillasse, de tasses et de BM, simplement manger et boucler ses fins de mois comme chacun), ce qui est un gage d’indépendance artistique, d’une part, et d’autre part de liberté et de temps suffisants pour se consacrer à son activité afin de s’abstraire de la médiocrité : il n’y a pas de secret (même si Didier Wampas est un magnifique contre exemple), on fait moins de choses et moins bien trois heures par jour après le boulot que lorsqu’on peut consacrer des journées entières à son "métier", sans compter que le "professionnalisme" impose une exigence vis-à-vis de soi beaucoup plus forte que l’amateurisme qui incite à se complaire dans le "Ouais, trop cool, ça ira comme ça, bon d’accord, c’est pas terrible, mais on est là pour faire la fête !"
Et puis, merde, l’argent n’est rien d’autre que le moyen d’échange de la valeur sociale (ce n’est pas une prise de position, juste la définition communément admise), et tu vois, moi, je pense que, en écrivant mes conneries, ma valeur sociale, "mon utilité sociale", est largement égale à celle du vigile qui te dit "Monsieur, vous vous êtes trompé de porte, je vais vous demander de ressortir et de prendre la porte un mètre côté qui arrive au même endroit mais sur laquelle est marqué "Entrée" et pas "Sortie", c’est comme ça, c’est le règlement, je ne suis pas payé pour réfléchir mais pour l’appliquer." Oui, je le répète, le droit d’auteur, c'est-à-dire reconnaître que le fait de produire des œuvres artistiques a une valeur sociale me semble quelque chose de légitime (même si, je le répète, je conçois tout à fait, et je suis le premier à le faire, qu’on puisse contester la façon dont la Sacem le gère).

La musique en ligne qu’en penses-tu ?

Ta question est vaste. Tu parles de types comme moi qui diffusent leurs morceaux gratuitement en ligne ? Des plates-formes de téléchargement payantes ? Du P2P ? De "Cocaïne" de Clapton ? ("Musique en ligne" : attention, jeu de mot, humour…)
Parlons du P2P, ça m’inspire et ça va me permettre de rebondir sur la question précédente. Le débat autour du P2P me fait vomir. D’un côté, bien sûr, tu as les maisons de disques qui te parlent des "artistes", en pensant à Jenifer ou Obispo, "qu’ils développent", en ne pensant qu’à les ken (Sur un de mes romans vendu 20 € en librairie, je touche un an et demi plus tard 1,35 € : les contrats des maisons de disques sont aussi philanthropes, lisez-en un à l’occasion, ça fait rire ou vomir, au choix, ça dépend de son penchant pour l’humour de mauvais goût – n’hésitez pas à lire également sur le sujet un de mes textes, lui, de bon goût : "Mon éditeur est un enculé", http://www.vaquette.org/surprises/Mon_editeur_est_un_encule.html). De l’autre, ce n’est pas mieux, tu as des braves hypocrites (pourquoi braves ?) qui te tiennent un pseudo discours libertaro-rebelle qui masque mal leur seule réalité, celle de voleurs minables sans même le courage de braquer une banque. On "vole" la musique sur Internet parce que c’est anonyme et sans risque : essaye plutôt d’aller pécho les CDs à Carrefour, mais fais gaffe, si les vigiles blacks te gaulent, ils risquent de te mettre la fièvre dans ton cul pendant des heures…
Après, le discours bidon du genre "Ouais, mais tu comprends, l’art n’est pas une valeur marchande, c’est la propriété essentielle et inaliénable de chaque individu…" OK, mais à une condition : soit vous avez tous autant de choses à dire que Vaquette et vous le dites aussi bien, appelons ça le talent (Oh ! Mais pour qui tu te prends ! OK ducon, ta gueule, essaye d’écrire ce que j’écris, et après, quand jusqu’aux gosses t’auront lancé des pierres parce que tu es trop nul, on en reparle, d’accord ?), soit votre "utilité sociale" à vous, elle est aussi gratuite et dès demain je vais prendre mon pain chez le boulanger sans le payer parce que, tu comprends ami-camarade boulanger, le pain n’est pas une valeur marchande, c’est la propriété essentielle et inaliénable de chaque individu… (Putain, j’espère que mon boulanger n’a pas de doberman sinon je me vois bien expliquer à son tour à mon pharmacien que, tu comprends, le Synthol et le Mercurochrome ne sont pas des valeurs marchandes, c’est la propriété essentielle et inaliénable de chaque individu…)
Bien sûr, idéalement, la musique en ligne devrait permettre une musique pas cher pour le "consommateur" et dont l’essentiel des revenus irait aux "créateurs" et ainsi assisterions-nous à la disparition des maisons de disques et autres intermédiaires parasites ! C’est une jolie utopie (Dieu que j’en rêve !) mais elle n’est réalisable que dans une société d’hommes et de femmes libres, moraux et responsables (Appelons ça l’anarchie, nous y revenons.) Pratiquement, c’est du pipeau. Pratiquement, soit les gens peuvent télécharger gratuitement et ils le feront et, quels que soient les moyens techniques mis en œuvre, ne rétribueront jamais ou quasiment jamais "les artistes", soit ils ne peuvent pas voler à cause des vigiles blacks et ce genre de systèmes coercitifs ne peut être mis en place que par le système marchand (Je vois bien Vaquette se transformer en vigile…) – la quadrature du cercle ! Le reste est messianisme, hypocrisie ou cynisme.

Plus généralement tu as un site oueb, plutôt pas mal fait, et tu as l’air de passer du temps dessus. Tu penses quoi du net ? C’est un début de liberté ou un leurre ?

Les deux mon général. En tout cas, si on pense que l’outil Internet va changer le rapport de force "artistes"/système marchand ou modifier en profondeur sa règle du jeu, on se carre le gros doigts dans le fondement.
La mise en marché dans le "vrai" système a un double effet mécanique sur la vente, un double effet qui n'est absolument pas anecdotique très très très loin de là. D'abord, l'idée idéaliste d'un consommateur responsable et "concerné politiquement" prêt à faire des efforts pour que vive un marché alternatif, nous y revenons, c'est du bidon. Pratiquement, acheter un CD à Costes ou à Vaquette en direct, ça demande de nous écrire, de nous envoyer un chèque et d'attendre notre bon vouloir (qui est excellent d'ailleurs, lui comme moi on fait la VPC avec un très grand sérieux) pour l'envoi de la commande. Au yeux du consommateur (et pourtant nos "clients" ne sont pas censés être des consommateurs lambda), passer une commande via Amazon ou Fnac.com, c'est infiniment plus facile, plus rassurant et moins impliquant (Je comprends qu'un type qui me commande des trucs ait envie de rester anonyme vis à vis de moi, de ne pas avoir à me rendre des comptes, même hypothétiques, sur sa motivation d'achat ou le fait qu'il ait aimé ou pas.) Cette effet mécanique seul de mise en marché, de facilité d'achat, multiplie par au moins dix les ventes, sans compter tous les acheteurs qu'on glane parce qu'un livre traîne sur un rayon, qu'on a envie de faire un achat compulsif à cet instant et que le titre est rigolo ou la 4 de couv' attrayante, et tous ceux qu'a contrario on perd parce que, tiens, je viens d'entendre Vaquette à la radio et c'est tout de suite que j'ai envie de cliquer pour recevoir le CD, demain, la bonne résolution que j'ai prise de dire "J'irai sur le site du type et je lui enverrai un chèque par la poste", elle sera oubliée.
Ensuite, même aux yeux de "l'élite" "rebelle" à laquelle on s'adresse et qui devrait avoir une vision critique intuitive (je veux dire réactive, naturelle, avant tout raisonnement) des "outils du système marchand", la "vraie" mise en marché induit une image de sérieux et de qualité. Tu pourras me dire ce que tu veux, mais tout le monde pense "Si Costes n'a ni éditeur ni maison de disques, c'est que ça n'est pas si bien que ça" (et pas "c'est parce qu'il existe une censure de fait en France", et même ceux qui pensent cela et ont une idée positive de la démarche "politique" de l'autoproduction, ont néanmoins intuitivement tout de même une image dévalorisée des "objets" autoproduits) et à l'inverse (je le vis au quotidien, ce n'est pas du bla-bla), Vaquette est un auteur publié, dans une maison tendance en plus, Whaou ! Tout de même, il n'est plus le loser underground qui autoproduisait ses disques, il est devenu "un vrai artiste"... – Ah ! le prestige de la "Littérature" à la française !
Ajoute à cela une conséquence indirecte du deuxième point : la presse ne parlera jamais des "objets" autoproduits, ça ne fait pas "sérieux" (l'image est dévalorisée, voir au-dessus) et donc, non seulement le public ne sera pas ou très difficilement au courant de l'existence de ces "oeuvres", mais en plus, effet Kiss Cool, l'image desdites oeuvres sera une deuxième fois dévalorisée puisque "personne n'en parle, ça ne doit pas être si bien que ça". Pratiquement (car je le répète, tout ce que je raconte n'est pas du bla-bla théorique, simplement de l'expérience pratique de mon métier), je ne vends "rien" (ou pratiquement rien) en VPC directe autoproduite et tu peux demander à Costes, je pense qu’il te dirait la même chose.
D’autre part, l’idée fausse (et là encore idéaliste) que le Web met tout le monde sur un pied d’égalité, les petits comme les grands, est complètement bidon : à ton avis, qui a le plus de connexion par jour sur son site, vaquette.org ou staracademy.com ? C’est juste un effet du hasard ?
Cela dit, oui le web me permet aujourd’hui de toucher plus largement et plus facilement (ce qui est aussi le piège : tout ce qui a de la valeur se mérite, là, on clique sur mon site mais on en a un peu beaucoup rien à foutre et on survole ça avec une attention toute relative) un plus grand nombre de personnes que s’il n’existait pas. En même temps, ça me noie dans la masse : tout le monde peut faire un site (et ne s’en prive pas, malheureusement !), coller des affiches partout dans Paris, flyer à la sortie des concerts, appeler les salles pour trouver des dates, mettre le matos et la trousse à outils dans la voiture, faire la route, installer le spectacle et repartir, moins sûr…
Au final, pour trancher, plus un leurre qu’un début de liberté, sur l’essentiel, ça n’a pas changé notre réalité. De toute façon, les faits sont têtus. Depuis l’avènement du web, on ne peut pas dire qu’ait émergé une production alternative, revendicative, contestataire, subversive… cette production est même infiniment plus moribonde qu’il y a 20 ans à l’époque glorieuse (n’est-ce pas, Bob ?) des "alternatifs".

Connais-tu propagande.org ? Nous hébergeons des sites gratuitement sans pub. Intéressant non ? (Tu as vu cette pub finement amenée ???)


Je connais mal, mais de ce que j’en connais, j’en pense a priori beaucoup de bien (Ce qui est, chacun l’aura compris, extrêmement rare de ma part.) Le drame du milieu "alternatif", c’est que tout le monde crache sur TF1, mais quand il s’agit de bosser autant qu’eux et aussi sérieusement (et Dieu sait que ce ne serait pas bien difficile tant ces gens sont médiocres) pour faire "avancer les choses" dans une autre direction qu’eux, là, il n’y a plus personne. L’une des phrases les plus vaquettiennes qui soient est : "Il n’y a pas de méchant système, il n’y a qu’une somme d’individuelles lâchetés." Vu de l’extérieur, j’ai l’impression que nous partageons une conception assez proche de ce que doit être un engagement libertaire et alternatif (C’était le sens du festival "Un printemps bizarre" que j’avais créé il y a quelques années) : du boulot plutôt que du blabla et des opérations concrètes pour modestement offrir un espace de liberté à ceux qui en sont le plus privés du fait de leur positionnement "artistique". Bravo. Allez ! soyons fous : bravi !

Bon un mot de la "faim" peut-être ?


Crevez tous (prochain spectacle courant 2012).

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